Spectacle drôle et poétique réalisé
à partir de textes authentiques écrits par des enfants de
Naples et recueillis par Marcello D’Orta.
Traduit de l’Italien. Texte original :
«
Dio ci ha creato gratis »
ed Arnoldo Mondadori
Vous avez aimé « J’espérons
que je m’en sortira ».
retrouvez le monde de l’enfance avec «Dieu
nous a créés gratis ».
Cette fois, les «bambini » restituent, à leur
façon, leurs leçons de «catatéchisme
» ou leurs cours de cataclysme. Nous découvrons « qu’Adam
et Eve vivaient dans le Paradis terrestre même les jours fériés
» que le cinquième commandement est bien : «tu
ne tueras pas mais il y a des dérogations… si tu vas aux
croisades ».
On y apprend que « Néron a inventé les persécutions
et a brûlé Rome parce qu’il en voulait une plus neuve
et prendre des photos couleurs » que «l’hostie
est un morceau de pain pas cuit en forme de chips » que «Dieu
punira les chasseurs car ils seraient capables de tuer la colombe du Saint
Esprit » et que « les femmes naissent vierges et
meurent mamans ».
Des textes percutants, sensibles où l’humour côtoie
la gravité. Des propos délicieusement décalés.
Un message profond qui jaillit de ces petites têtes d’enfants.
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Un des écrivains italiens doué de la plus
fervente imagination fut Emilio Salgari (1861-1911) qui, pour n’avoir
jamais mis les pieds en Inde et dans l’Asie Orientale, a écrit
des dizaines de romans adaptés à ces lieux : ex. ( le tigre
de Monpracem, Sandokan à la rescousse, les Pirates de Malaisie ),
peut être considéré comme le Jules Verne italien.
Dans un certain sens, aussi, Gérard Volat peut être comparé
à Salgari. En effet, sans avoir jamais visité Naples, il montre
l’esprit de ses habitants (et spécialement celui des enfants)
d’une façon surprenante : cette vertu lui vient, évidemment,
de la capacité d’aller au-delà de la parole écrite
(les rédactions de mes écoliers), pour comprendre, pleinement,
les sentiments. Je veux dire qu’il ne s’est pas contenté
de comprendre la signification de ces mots mais, dans un certain sens, a
lu dans le cœur des auteurs
Déjà avec
« J’espérons
que je m’en sortira »,
Gérard Volat avait fait la preuve de son talent, non seulement d’interprète
mais de scénariste, réalisant une représentation théâtrale
absolument originale ; avec
« Dieu
nous a créés gratis »,
il a démontré, encore une fois, de savoir cueillir tous les
aspects de l’âme enfantine napolitaine : l’ironie, l’humour,
la subtilité, la vivacité et aussi ce que les Latins appellent
«
piétas ».
La salle de théâtre, grâce aux inventions scénographiques
créées par Gérard Volat et Chantal Jean, est devenue
une sorte de kaléidoscope ou lanterne magique chinoise duquel se
succèdent des images très suggestives, capables de susciter
des émotions et évoquer des souvenirs.
Je me réfère aux peintures qui accompagnent la représentation,
tableaux de grands artistes comme Bosch, Bruegel, Tiziano, Michelangelo,
Botticelli, Caravagio, Giotto… accompagnés de musiques des
célèbres compositeurs classiques comme Pergolèse, Haendel,
Monteverdi et modernes comme Ray Charles, Jimi Hendrix et Pink Floyd : un
très savant mélange de classique et modernité, très
apprécié du public lequel a applaudi, dès le début
de la représentation, cueillant chaque page humoristique entrant
dans l’esprit du livre, aussi grâce à l’intelligent
travail de Gérard Volat qui l’a adapté, dans certaines
circonstances, au public Français.
En conclusion : assister à ce spectacle est un plaisir de la vue
et de l’ouie.
- De la vue, pour les séquences des très belles et expressives
peintures qui, dans l’intervalle de quelques minutes,
défilent derrière l’acteur.
- De l’oreille, pour la musique qui créée une atmosphère
et surtout pour l’interprétation de Gérard
Volat.
Après cette représentation, il ne vous semblera plus que
la France et l’Italie sont deux nations frontalières mais plutôt
qu’elles font partie d’un même pays.
Marcello D’ Orta